Qu’est ce que le jugement ?
Le jugement n’est ni plus ni moins qu’une croyance en ce qui est bien ou mal. Le jugement naît de l’observation d’un fait, d’un geste, d’une attitude, d’autrui comme de soi-même. Et de cette observation, vous allez passer à une interprétation. Il a fait ça, c’est gentil. Il a dit ça, c’était méchant. Vous catégoriser une parole, et vous la mettez dans une boîte. Bien ou mal, gentil ou méchant, noir ou blanc.
Mais le jugement n’est pas inné, d’ailleurs vous ne jugez que dans certains aspects/domaines de votre vie. Vous pouvez être dans le jugement dès qu’il s’agit de compétition et de performance sportive : lui est nul, il ne se donne pas assez, il n’a pas de mental, et être totalement dans l’acceptation sur un sujet comme la carrière professionnelle. Ou l’inverse. Tout dépend de votre vécu et de votre personnalité. Vous pouvez juger un enfant qui parle trop, tout comme considérer cela comme allant de soi. Vous pouvez juger vos kilos en trop, tout comme être en paix avec votre reflet dans le miroir.
Cela signifie que votre jugement est un positionnement, une sensibilité et une interprétation personnelle de la réalité. Il est riche, c’est qu’il doit être égoïste. Il est pauvre, c’est qu’il ne se donne pas les moyens. Tout cela peut être le cas, ou non. Mais le jugement est ce qui va donner une échelle de valeur à tout ça. Bien, pas bien, qui a de la valeur, ou qui n’en a pas. L’important, ce n’est pas que votre interprétation soit juste ou fausse, l’important, c’est de comprendre que derrière ce mécanisme de jugement, il y a en fait une peur.
Nous nous jugeons les uns les autres par peur de ne pas être assez. Par comparaison ou compétition. Nous nous jugeons nous-même pas peur de ne pas être aimé, de ne pas être accepté, de ne pas avoir les capacités de. Le jugement se base sur le manque. Il est un prisme dont on a hérité enfant, un modèle que nous ont transmis nos parents. Le jugement reflète souvent un manque de confiance, en soi ou en la vie. Je juge parce que cela me rassure, sur ma vision, mon interprétation de la réalité. Je juge pour me donner l’impression de savoir.
Le lien direct entre jugement et culpabilité
Le jugement et la culpabilité ne font qu’un. La culpabilité n’est que le sous-produit du jugement. C’est parce que je me juge que je suis capable de ressentir de la culpabilité. Enfant, on vous a fait sentir coupable, d’une manière ou d’une autre. Vos parents se sentaient coupables, d’une façon ou d’une autre. L’être humain baigne dans la culpabilité, sur un sujet ou un autre : l’environnement, l’éducation, la santé, l’économie. Si vous écoutez les discours autour de vous, nous ne faisons jamais assez bien, nous sommes toujours défaillants, pas à la hauteur, etc… Notre système politique ne fait que refléter nos croyances générales !
Aussi, si vous observez votre environnement personnel, vos pensées journalières, vous constaterez qu’un bon nombre d’entre elles sont dans cette gamme ou ce thème là : “Je ne suis pas assez, je ne suis pas digne de, je ne suis pas à la hauteur…” Cela fait naître tout un tas de ressenti négatif, comme du manque de confiance en soi, des pensées de comparaison, de la jalousie, etc. En réalité, c’est une vraie torture que vous vous infligez !
Le rapport entre le jugement, et l’addiction
Imaginez-vous maintenant, partir en colonie de vacances, et être entouré d’éducateurs méchants. Ils vous parlent mal, vous disent que vous ne faites jamais assez bien. Ils vous rabaissent en vous comparant aux autres… Je ne vous donne pas quelques semaines avant de vouloir partir ! Car cet environnement sera vécu comme un calvaire, malgré le cadre ensoleillé ! De la même façon, lorsque votre environnement personnel est blindé de jugement, vous ressentez l’envie irrépressible de prendre des vacances de vous-même ! C’est ici qu’intervient la soupape : l’addiction.
L’addiction, comme l’alcool, le jeu vidéo, la nourriture ou bien d’autres encore, est souvent vécue comme une pause, un relâchement. Ce sont des moments de bien-être, de plaisir, dans lequel je m’abandonne. Je mange du chocolat, je vais courir, je travaille à l’excès. Tout cela démontre une besoin de s’oublier, de s’anesthésier de soi-même. Ne pas ressentir ces propres sentiments. Se tenir à l’écart de soi. Je me fuis, parce que mon ambiance personnelle est pesante.
À votre avis, qu’est-ce qui appesantie particulièrement cette ambiance sentimentale qu’est la vôtre ? Le jugement et son sous-produit, la culpabilité. La corrélation est directe, même si elle vous échappe en grande partie. Dans les grands addicts, vous découvrirez des individus possédant un fort jugement envers eux-même ou les autres, et donc de grandes culpabilités. Plus l’addiction est grande, plus la blessure ou le jugement est profond.
Se libérer du jugement : la face cachée
Pour vous sentir mieux, et assainir cette ambiance pesante qui peut régner à certains moments de votre journée, vous pouvez choisir différemment. Au lieu de vous juger, vous et les autres, vous pouvez faire le choix de vous rassurer. Qu’est que le jugement si ce n’est une remise en question, un doute sur soi ? Ai-je bien fait ? Suis-je à la hauteur ? Oh mince j’aurais pas dû dire ça…
Votre jugement est le signe d’un manque de confiance, un manque d’amour propre. Sur tous les aspects où vous vous jugez, vous découvrirez un besoin de tendresse et de réconfort. Votre jugement reflète souvent ce que vous avez reçu étant petit, ou plutôt, ce que vous n’avez pas reçu : de la reconnaissance, de la fierté, de l’affection, de l’admiration. Ce manque d’amour vous a fait développer une certaine dureté, une certaine exigence envers vous-même, qui pendant des années vous a servi et à porté ses fruits, mais dans laquelle vous ne pouvez plus évoluer, car cette attitude ne vous mène plus là ou vous voulez aller.
Vous avez grandi, vous êtes en sécurité, et vous n’avez plus besoin de toutes ces barrières qui vous maintiennent à l’écart du monde extérieur. Car votre jugement sert souvent à cela, vous tenir à bonne distance, tenir l’autre à sa place. Quand vous jugez, vous vous sentez fort, parce que vous vous placez au dessus de, mais en même temps, vous vous fermez à l’autre, vous vous rendez incapable de lier avec lui. Le jugement scelle donc votre sort, vous enfermant dans une réalité très isolée, très seul.
Je vous invite à identifier vos jugements, au travers de toutes ces petites pensées anodines qui peuvent surgir dans la journée. Souvent portées sur des sujets particuliers, qui éveillent une certaine sensibilité chez vous. Une fois ces jugements vus, essayez de voir à quoi ils se rattachent, qu’est-ce qu’ils expriment. Essayez de voir le besoin qu’il y a derrière : généralement, un besoin de réconfort. Par exemple, je jugeais les personnes qui étaient radines, en les trouvant exceptionnellement égoïste, invivable, autocentré. En enquêtant un petit peu, j’ai compris que ce jugement, c’était en fait sur moi qu’il se tournait (inconsciement), que j’avais une grande peur d’être égoïste, d’être radin. Dans le fond, je m’identifiais en partie à cela, et c’était très douloureux à admettre… Une fois cela conscientisé, j’ai eu envie/besoin de me rassurer, de m’aimer, de m’accepter dans toutes mes facettes : en fait, je suis de nature bien plus solitaire que la plupart. Cela m’a valu reproche et mauvaise interprétation. Je devais donc me mettre en paix avec cette idée là, pour mieux accepter ce que je suis, pour mieux affirmer ma personnalité.
Je vous pose donc la question : Quels sont vos jugements ? Sur quoi se portent-ils ? Et qu’elles peur-douleur y a t-il derrière ? Vos jugements sont un boulet, pour vous comme pour les autres, plus tôt vous les enlevez, mieux vous vous sentirez !